122.

25 Fév

« Heureusement, pour mes parents, je suis un garçon.

À l’échographie, quand ils ont appris que ce serait un garçon et non une fille qui allait bientôt atterrir dans leurs vies et leur casser les oreilles toutes les nuits pendant un temps plus ou moins long, ce fut une heureuse nouvelle pour eux. Jamais ils ne l’avoueront, mais je suis convaincu qu’ils souhaitaient avoir un garçon.

Pourquoi?

Pour des parents, et les miens ne sont pas différents de la majorité des parents, c’est évident que la vie d’un garçon est moins stressante à gérer que celle d’une fille. Au bas mot, une fille quintuple le niveau de stress de ses parents par rapport à un garçon.

Préjugé? Nullement, le simple constat de l’implacable réalité.

Que peut-il arriver à un garçon?

Se droguer? Vu que mon père se glorifie d’avoir rarement refusé de griller un joint quand il était jeune, ça ne doit pas être si tragique.

Être décrocheur? Étant donné que mon père se vante sans cesse de l’avoir lui-même été, ça ne doit pas être si dramatique.

Par contre, il est vrai qu’un garçon, plus qu’une fille, dans un ultime élan de désespoir, peut se rendre jusqu’au suicide et, du même coup, anéantir ses parents. Mais ça reste l’exception, même si chacune de ces exceptions en est une de trop.

Parlons de la fille, maintenant.

À tout moment, elle peut se faire enlever, agresser, violer, torturer, égorger, éventrer, assassiner. Elle peut devenir l’esclave d’un gang de rue qui la force à se prostituer, ou revenir enceinte à la maison.

En une seule ovulation, la jeune fille peut transformer ses parents détendus, en grands-parents insomniaques.

Devenir grands-parents peut s’avérer charmant.

Quand on est impatient de l’être, oui.

Quand on se voit forcé de le devenir, c’est légèrement moins emballant.

Pauvres parents du troisième millénaire!

Bombardés par toutes ces horreurs qui s’affichent dans les journaux, à la télé ou sur Internet, comment peuvent-ils éviter d’être terrorisés par ce tourbillon de malheurs qui peut s’abattre à tout moment sur leur enfant?

L’apocalypse au quotidien. »

– Bertrand Gauthier, Les Carnets d’un réfugié poétique

Je suis certaine que mon père approuverait.

P.S. Je suis devenue accroc au service de prêt de livres numériques de la BanQ.

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