166.

21 Fév

CRITIQUE LITTÉRAIRE

L’Homme qui souriait – Henning Mankell

Deuxième Mankell que je lis, après Meurtriers sans visage qui était le tout premier roman policier à mettre en scène le désormais célèbre commissaire Kurt Wallander. Vous verrez peu à peu apparaître ici de nombreuses critiques de romans policiers scandinaves (à commencer par La Princesse des glaces de Läckberg il y a quelques jours) en raison d’un projet en développement, alliant littérature et photographie. Étant encore en attente de certaines confirmations, je ne vous en dis pas plus pour le moment, mais ça ne saurait tarder.

Voici donc l’anti-héros Kurt Wallander (un peu moins alcoolisé, mais un peu plus perdu que quand je l’ai quitté à la fin du premier livre) qui est de retour sur une enquête après 18 mois d’arrêt maladie. Il ne prévoyait pas reprendre du service, mais un événement troublant vient changer la donne et l’incite à se remettre aussitôt en scelle. On se retrouve alors au cœur d’un mystère qui semble s’obscurcir à vue d’œil, allant de victime en victime au rythme des découvertes. On suit Wallander alors qu’il tente à la fois de résoudre l’enquête et de reprendre ses marques dans le petit commissariat d’Ystad, constamment partagé entre son besoin de solitude et la nécessité évidente de travailler en équipe.

Ce roman – pour ses nombreuses réflexions sur ce que semble devenir la Suède d’aujourd’hui, avec ses crimes de plus en plus brutaux et complexes et la police qui n’en mène pas large de son côté – m’a rappelé l’excellente série Roman d’un crime de Sjöwall et Wahlöö. Toutefois, il s’agit ici plutôt de psychologie que de sociologie. J’ai souvent eu l’impression de progresser davantage dans ma compréhension du personnage (que je me faisais une joie de retrouver, surtout quand je me suis rendue compte que les enquêtes manquées ne m’empêchaient pas d’établir des liens avec le tout premier roman) et de ses angoisses que dans le développement de l’intrigue en tant que telle. C’est, à mon sens, à la fois un point fort et un point faible. L’enquête piétine pendant une bonne partie du livre, ce qui n’a pas manqué de m’irriter par moment. Oui, on a envie de connaître la suite, donc c’est assez réussi, mais ce n’est pas une raison pour abuser de ses lecteurs! Le rythme majoritairement lent des deux premiers tiers est d’autant plus frustrant que Wallander passe son temps à faire référence à ce sentiment d’urgence qui l’assaille.

Je crois que je décrirais cette œuvre comme étant un bon roman noir, avant d’être un grand polar comme on s’y attendrait. Ce n’est pas plus mal comme ça, seulement il ne faut pas l’ouvrir en espérant se lancer dans une course à l’assassin qui nous laissera haletant d’une page à l’autre, car alors forcément on sera déçu.

Somme toute, une lecture agréable. Je n’hésiterai donc pas à ouvrir un autre Mankell si j’en ai de nouveau l’occasion à l’avenir.


En observant la salle silencieuse, pendant qu’il mangeait,
il pensa soudain que la solitude suédoise n’était nulle part aussi visible que là,
dans les cafétérias des stations-service.

– Henning Mankell

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