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24 Fév

CRITIQUE LITTÉRAIRE

Chronique du tueur de roi, 1re journée : Le Nom du vent – Patrick Rothfuss

C’est en lisant cet extrait d’à peine quelques lignes vendredi passé que j’ai eu envie de découvrir Chronique du tueur de roi, 1re journée : Le Nom du vent :

« J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent. Mon nom est Kvothe. Vous avez dû entendre parler de moi. »

Pas vraiment convaincue de prime abord par cette plume, toutes mes appréhensions sont rapidement disparues, balayées par un enthousiasme grandissant à mesure que je m’enfonçais dans les profondeurs cette magnifique histoire. J’aurais voulu dévorer les 792 pages qui la composent d’une seule traite. J’aurais voulu ne pas m’arrêter une seule seconde, même pas pour manger ou pour dormir, tellement j’ai été envoûtée. Je me suis mise à regretter l’époque de mon école secondaire, quand je pouvais me permettre de passer jours et nuits à lire!

(À ce moment-ci de la rédaction de mon post, je me suis intéressée à la date de parution du troisième tome. J’ai appris que ça faisait 4 ans que les anglophones l’attendaient, et j’ai eu envie de pleurer. Puis, je suis tombée sur cette réponse de l’auteur aux cinq étoiles accordées d’avance au bouquin par certains lecteurs sur le site goodreads : (cliquez ici, guys, ça vaut la peine). He’s the best, seriously.)

Ce roman m’a fait renoué avec mes anciennes amours, la fantasy. Je ne sais pourquoi je m’en étais éloignée, mais je suis maintenant convaincue que ça n’arrivera plus. Ces auteurs (Goodkind, Tolkien, Pratchett, Eddings, Gabaldon, Pullman, pour ne nommer que quelques-uns parmi ceux que j’ai lus) qui arrivent à composer de toute pièce un nouvel univers et à nous donner envie d’en faire partie, qu’importent tous les événements effroyables qui s’y produisent… Ces auteurs qui créent des personnages auxquels on s’attache de telle sorte que, le temps de quelques centaines, voire de quelques milliers de pages, notre cœur bat au rythme de leurs aventures… Ces auteurs ont de la magie dans les doigts et dans la tête, j’en suis persuadée.

Pour en revenir au sujet principal de cette critique (oui, bon, ça tient davantage de l’éloge), l’histoire commence avec une mise en situation de quelques chapitres au cours desquels on fait la connaissance de Kote, aubergiste de son état, dont le premier nom a été Kvothe. Mais qui est cet homme d’une trentaine d’années qui semble avoir tant vécu? Que cache-t-il, sous ses airs de simple tenancier de village? C’est l’arrivée de Chroniqueur, un scribe/historien, à Newarre qui nous permettra de le découvrir. Mais, pour obtenir de Kvothe le récit de son vécu, Chroniqueur doit lui accorder trois jours, pas un de moins. C’est ainsi que sont divisés les trois tomes de cette trilogie : le premier, le deuxième (qui a été divisé en deux volumes dans sa version française étant donné l’augmentation du nombre de mots lors du passage de l’anglais au français) et le troisième jour (qui reste encore à paraître, comme mentionné plus haut).

Je dois admettre que, dans l’extrait que je vous ai proposé, c’est la phrase « J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. » qui a vraiment allumé mon intérêt. Ça et le fait de chercher le nom du vent, évidemment. Un héros qui se retrouve dans une Université d’un autre temps, d’un autre univers, il me semble que ça ne peut qu’être palpitant. Sans parler du fait qu’il y entre jeune (comme tout bon héros doté d’une intelligence presque – non, pas presque – dangereuse pour lui et les autres), et qu’il en soit expulsé. Forcément, j’avais besoin de savoir. Pas vous? Bref, c’est quelque chose qui me fait un peu peur par rapport au tome suivant… Il est clairement établi à la fin du premier ouvrage que le temps que Kvothe à l’Université est maintenant compté. J’espère de tout mon cœur que mon intérêt ne s’émoussera pas au cours des ses autres aventures!

Dans une autre perspective, quelque chose de vraiment intéressant, de vraiment particulier, qui pourrait vous pousser à lire ces livres-là parmi tant d’autres, c’est la place qu’accorde Ruthfoss au concept, à la structure, à l’origine, à l’évolution des histoires/légendes/mythes/etc. Un passage que j’ai trouvé spécialement jouissif, à une quarantaine de pages de la fin du premier tome, est un aparté du récit principal que nous narre Kote/Kvothe. On revient dans l’auberge où sont installés notre héros, son étudiant Bast et Chroniqueur, la plume à la main, quand entrent quelques hommes du village. Tout en se remplissant la panse, ces derniers se mettent à se raconter les palpitantes aventures du grand Kvothe, chacun y allant de sa petite anecdote, de son petit ajout, sans se douter le moins du monde que le personnage légendaire est en train de leur servir à boire. On a ainsi l’occasion d’entendre des versions altérées, « remixées », de la véritable histoire que nous a en partie contée Kote/Kvothe, certains de ces détournements étant dus au temps et au bouche-à-oreille, tandis que d’autres étant du fait même du principal concerné.

Sur ce, je vous laisse : je vais de ce pas me replonger dans cet univers palpitant grâce à la Chronique du tueur de roi, 2e journée : La peur du sage.

P.S. Petite mention également à un simili tome 2.5 qui est sorti en français il y a trois mois : La Musique du Silence, une nouvelle dont l’action se déroule dans le même univers, mais qui s’attarde sur un personnage secondaire vraiment intriguant dont Kvothe a fait la rencontre au cours de son séjour à l’Université. Je n’ai pas encore eu le temps de lire ce livre, mais j’ai bien hâte de le faire!


Abenthy m’a longuement dévisagé.
C’était le regard que j’attendais, un regard qui signifiait :
« Tu ne t’exprimes pas comme quelqu’un de ton âge. »
J’avais espéré qu’il le comprendrait assez vite,
car c’est vraiment fatiguant,
quand on s’adresse à vous comme si vous étiez un enfant,
même s’il se fait que vous en êtes un.

– Patrick Rothfuss

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