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72.

23 Août

J’ai même pas commencé le cégep pour vrai (les cours c’est mercredi, aujourd’hui c’était juste la journée d’accueil) et je pense déjà à dans trois ans. Alors que j’ai passé l’année entière à attendre ce moment. J’suis irrécupérable.

Et j’emmerde la vie, surtout ma job-que-j’aime-pas pis les fucking prix qui arrêtent pas d’augmenter pour le transport en commun. Deux heures quarante-cinq de transport chaque jour, merde, c’est 24.50$! En un mois c’est plus de 500$ que j’aurais pu gagner, pis sur l’année au complet (en comptant juste les jours où je suis au cégep), ces deux heures quarante-cinq-là, elles m’auraient permis de payer entièrement mon billet pour l’Australie, pis même que j’en aurais eu assez pour faire une virée magasinage avant de partir!

Pis câlisse, il peut pas me prévenir quand sa blonde débarque à la maison à 21h, alors que je pensais avoir la maison à moi jusqu’à ce qu’il rentre vers 23h30? J’aurais pu être en train de faire un gros party-de-débauche-de-la-mort (ben oui ben oui, on te croit Marie), de fumer un joint avec un inconnu rencontré à Montréal (de mieux en mieux) ou de m’ouvrir les veines dans la salle de bain (ouin, ça s’en vient dégueu)! Fais chier, quoi.

(Je chiale à propos de n’importe quoi, mais dans le fond c’est juste mes insomnies qui me rendent pas endurables. Ça a recommencé quelques jours après que je sois revenue de l’Ontario, mais comme j’ai une job super flexible ce n’était pas un problème, je finissais par me coucher pour de bon vers 2-3h, je m’endormais après 4/5h et quand je me réveillais j’allais travailler. Sauf que pour le cégep, ce n’est pas une option. Quand je commence à 8h, faut que je parte de chez moi à 6h25 minimum. Faque mettons que le pot de pilules-magiques-pour-dormir vide qui traîne sur mon bureau, avec « 1 renouvellement restant » d’écrit dessus me tente de plus en plus.)

46.

24 Mai

J’ai une toune sur repeat depuis hier. C’est pas vraiment une toune, juste quelques mesures de piano répétées à l’infini, mais j’trouve que c’est pas mal ce qui reflète le plus mon état d’esprit du moment. J’ai beau chialer contre l’école, maudit que j’aime pas ça les longues fins de semaines, quand je ne suis pas overbookée. Surtout que j’étais sensée travailler aujourd’hui mais-finalement-non. Ça aurait fait du bien à mon portefeuille, après la session-de-dépensage de samedi.

Hier j’ai pas fait grand-chose à part botcher un travail d’anglais immonde, aller voir Pirates des Caraïbes (très bon, mais un peu trop long) et surfer sur le net. J’avais envie d’aller à la bibliothèque, mais c’est toujours fermé le lundi (pis anyway c’était la fête des Patriotes / du Dollar / de la reine), faque j’ai pris mon mal en patience. Je vais y aller tantôt, ça ouvre à 13h. D’ici là, j’ai dix milliards de trucs à faire, que je vais passer mon temps à remettre à plus tard. J’va les écrire, juste pour être sûre de pas en oublier (pis j’suis sur un trip de faire des listes, en ce moment. Liste des endroits où je veux aller, liste des livres que je dois lire un jour, liste des films qui ont l’air trop bons, etc. Bref, ce que j’ai à faire :

  • Comptabiliser les résultats du sondage pour mon projet de stats
  • Choisir les fuckings photos pour mettre dans les cadres que j’ai fait acheter à mon père il y a dix-milliards-de-mois
  • Faire le ménage de ma chambre qui ressemble à.. à rien, en fait
  • Finir ma partie du foutu projet interdisciplinaire qui est à remettre vendredi (j’ai l’impression que ça fait deux jours, et non un mois, qu’on l’a commencé)
  • Faire le ménage de mon bureau, ça serait bien aussi, mais je le ferai pas
  • Pis plein d’autres trucs que j’oublie sûrement

Hier y a mon père qui est entré dans ma chambre-champ-de-bataille pour déposer du linge pendant que j’étais pas là, pis il est tombé (par hasard, comme ça, qu’il dit) sur une lettre que j’avais écrite y a 2-3 ans à un gars. Pas une lettre d’amoureuse, non-non, une lettre de p’tite soeur à son grand frère. J’ai pas aimé ça, qu’il me dise qu’il l’avait lu. J’aurais préféré pas le savoir. Parce que ce gars-là, je lui parle pu. Ou plutôt il me parle pu.

C’est pas juste les histoires d’amour qui peuvent mal finir, y a les histoires d’amitié aussi. Ce gars-là il a été là pour moi quand j’en ai eu besoin, pis il est devenu une grosse partie de ma vie. Mais lui aussi il avait vécu des choses-pas-cool dans sa vie, pis ça fait que des fois il agissait bizarre. Comme s’il se foutait du monde. Comme s’il pouvait partir n’importe quand pis tous nous oublier. On a eu plusieurs fois des grosses chicanes à ce sujet-là. Au début ça me mettait vraiment dans tous mes états pis j’pleurais comme une conne, mais j’ai fini par m’y faire, pis anyway je savais que ça durait jamais. Je me disais qu’au fond, malgré tout ce qu’il pouvait dire, c’était vrai qu’il tenait à moi, pis que j’avais pas à m’en faire. Peu importe ce qu’il faisait/disait, je l’excusais toujours, parce que je me disais que ses bons moments rachetaient toujours ses mauvais. Pis j’avais peur, tellement peur de pu pouvoir compter sur lui..

But life is life, so à moment donné on s’est chicanés pour une niaiserie, mais les deux on a été trop têtus. Pis après c’était trop tard, c’était brisé pour de bon. Pis là je me suis dit que c’était assez, que j’allais pas m’abaisser à ramper devant lui. Il voulait pu de moi? Pire, il s’en foutait que je sois là ou pas? Message reçu 5/5. Enfin..

Ça m’a fait drôle, parce que hier soir, alors que je venais presque-tout-juste de parler de lui, il est venu me voir sur MSN. C’était juste pour une question technique, un projet sur lequel on avait travaillé ensemble, pis il avait besoin de mon autorisation pour mettre mon nom dans les documents officiels, mais ç’a adonné que c’était le même soir. J’suis fière de moi, quand même. Ça aurait été tellement facile d’écrire « Pis, qu’est-ce que tu deviens? ».. mais non, je lui ai souhaité une bonne fin de soirée pis je suis allée me coucher.

14.

14 Jan

Je n’ai jamais autant braillé sur la fin d’un livre. J’ai une face à faire peur, mon makeup a coulé, quelqu’un qui ne me connaît pas pourrait penser qu’il est arrivé un drame. C’est un peu le cas, mais pas vraiment. Y a des jours comme ça, et y a des livres comme ça. Aujourd’hui je regardais la terre tournée, pis je lui aurais demandé de prendre un break, si j’avais pu. Juste le temps que je ne sois plus fatiguée. Ou le temps que je finisse mon bouquin. Je me serais roulée en boule dans un coin, pis je me serais immergé dans leur petit monde bohème, avec Mauve, Olivier, Rose et Étienne. Dans leur petit monde déconnecté de la réalité. En revenant de l’école, je n’ai pas pu résister, je l’ai ré-ouvert. Ma mère m’a demandé :

« Tu lis quoi?

– Mmh. *Comment je peux dire ça? Elle comprendrait pas..*

– Ben c’est quoi?

– Ce qu’il en reste.

– Ça raconte quoi?

– Ben c’est dur à expliquer, là. »

C’est l’histoire de Mauve qui rencontre des jumeaux – un gars et une fille – dans un bar, ils ont l’air triste, leur maison a brûlé, elle les amène chez elle. Chez elle c’est un petit appartement, où Étienne – son ami, son frère, son amant – passe la moitié de son temps. Et puis ils restent là, tous les quatre. Ils font quoi? Ils peignent – parce qu’ils peignent, Mauve  et Étienne, ce sont des artistes -, ils baisent, ils fument du pot quand ils ont assez d’argent, ils essayent de survivre en vendant une toile de temps en temps. Mais il y a le frère de Mauve qui s’est suicidé un an auparavant, il y a son père qui n’arrive pas à faire son deuil, il y a sa mère qui ne sait plus quoi faire pour que son mari aille mieux.  Il y a des drames, il y a des joies, c’est la vie, quoi..

Non, décidément, ma mère n’aurait pas compris. So j’ai attendu d’être rendue chez moi (chez moi, pas chez elle, c’est pas pareil), j’ai fini le livre, pis j’ai braillé. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait de photos. C’est pas normal, une semaine sans toucher à mon appareil. Et la montagne de travaux qui s’accumulent et s’accumulent.. Je vais aller perdre mon temps ailleurs.

J’écoute rien. J’écoute le silence.

04.

3 Jan

J’feel petite musique mélancolique et jolies phrases, depuis quelques jours. C’est pas mal toujours ce qui mène à la création d’un blog, je crois. Je ne parle pas des blogs d’actualité, de débat et tout et tout, ils ne font pas partie de mon univers. Moi ce que j’aime, c’est les textes où je tous et chacun se reconnaissent dans le quotidien d’une personne, nous qui croyions être seuls au monde à ressentir ça. Haha, des bêtises, et dire que j’y ai cru! Mais ça va, ça va. On se le répète sans trop y croire, en espérant presque qu’il se passe quelque chose de moche, juste histoire d’avoir une excuse pour être antisocial. – Des mots sans queue ni tête, la faute à Charlie qui chante trop fort, au point que je ne m’entend plus penser.

 

J’ai envie d’être quelqu’un, je vous l’ai dit? Mais je me contente d’attendre qu’on me donne la recette miracle, comme tous ces autres.

 

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