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157.

20 Avr

Un samedi après-midi tranquille en banlieue de Madrid, les fenêtres grandes ouvertes, le soleil plein la tête. Voilà plus de trois mois que je suis arrivée ici par une froide journée d’hiver. Maintenant le printemps est arrivé et je m’apprête à rentrer en France auprès de mon amoureux.

Bien des choses ont changé; moi-même, j’ai changé. Chaque expérience que j’ai vécue depuis mon départ du Québec ce fameux 7 février 2012 a eu une certaine incidence sur ma vie et la personne que j’ai choisi d’être. J’ai eu de bons et de mauvais moments. De bonnes et de mauvaises décisions. J’ai fait mille projets que j’ai réinventés un million de fois. Là-dessus, il y en a peut-être 4-5 que j’ai réalisé. C’est peu, mais j’en suis fière.

J’essaye tant bien que mal de sortir de ma petite carapace, de m’extérioriser et de profiter de la vie. J’ai commencé à faire du sport, je me suis mise à la course à pied (près de 200 km en 2 mois!) et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour être bien dans mon corps et dans ma tête. J’essaye de diminuer les quantités d’alcool que j’ingurgite (déjà, le simple fait de quitter Madrid devrait aider à ce niveau), ça ne me réussie définitivement pas. Je me rends compte que je peux apprécier une soirée sans être bourrée, et même si ça peut paraître ridicule, pour moi c’est un énorme changement.

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155.

14 Jan

Changement de direction, encore un! Départ jeudi pour Madrid : on renouvelle l’expérience de fille au pair, mais en espagnol cette fois! La famille a l’air parfaite, les enfants adorables, le cadre merveilleux. Je vais enfin pouvoir me rendre utile (pas que je devenais folle, ces derniers mois à passer tout mon temps à bosser mon bac et à chercher du boulot, mais ça ressemble à ça) et puis briser la routine.

Seule ombre au tableau : c’est aussi synonyme de passer 4 mois sans mon copain. Alors que je suis revenue en Europe pour éviter de passer par la case « relation à distance », c’est un comble! Je crois que j’ai pris la bonne décision, reste à savoir si je vais réussir à vivre avec.

Donc au programme, ces prochaines semaines : photos de l’Espagne, racontage de vie et anecdotes à la pelletée!

148.

24 Nov

Je suis allée au théâtre hier. Avec mon amoureux, pour la première fois. On fait attention à nos dépenses parce que c’est compliqué, parce qu’on veut aller faire nos études au Québec l’automne prochain, mais qu’il lui faut un visa, et pour ça il faut qu’il prouve qu’il a beaucoup beaucoup d’argent et on sait pas encore comment on va faire. Mais ça je pouvais pas passer à côté. Je pouvais pas passer à côté du théâtre pendant toute une année. Alors on a pris un abonnement. Un petit abonnement de 4 pièces pendant l’année. Une en novembre, une en janvier, une en avril et une en mai. Des petits rayons de soleil dans la tourmente.

Parce que c’est un peu la tourmente, ici. Il y a des problèmes de famille (la mienne, la sienne, surtout la sienne). Des tensions, des mots méchants, du parlage dans le dos et des regards qui veulent tout dire. Les gens autour, ça les affecte, mais moins que moi. Parce qu’apparemment c’est « normal » ici. C’est pas cool, mais c’est comme ça de temps en temps. Sauf que moi j’y suis pas habitué. J’y suis pu habituée. Alors ça pèse très lourd pour moi et je suis toujours fatiguée. Avec mon copain ça va bien, heureusement. Sinon, ça ferait longtemps que je serais partie en courant pour prendre le premier train pour ailleurs.

Et là j’attends une réponse pour un boulot, un contrat d’un mois. J’ai passé l’entrevue jeudi, ils vont me répondre d’ici lundi. J’espère qu’ils vont me prendre. C’est pas un boulot facile, mais au moins ça va m’occuper l’esprit pendant quelques semaines. Alors voilà, tout ça dans ma tête, ça fait un peu mal, ça fait une espèce de pression constante contre laquelle je me bats tous les jours. En contrepartie, je me lance à fond dans l’espagnol, pour le bac. J’ai eu 2 ans et demie de cours au secondaire, mais je m’en foutais, donc bon, y a encore du travail. J’ai hacké un logiciel d’apprentissage des langues par reconnaissance vocale qui vaut genre 400 euros pis j’suis en train de passer à travers à une vitesse folle. C’est peut-être pas la bonne technique, mais au moins je fais quelque chose de constructif.

Je suis une mouette. C’est pas c’que j’voulais dire. Qu’est-ce que je disais, déjà? Ah oui, le théâtre.

On est allés voir La Mouette, hier. C’est une pièce de Tchekov. Ça durait 2h30, mais j’ai pas vu le temps passé. Ça ne révolutionne pas le genre, mais c’était bien, et ça m’a vidé la tête (sauf quand les personnages disaient des trucs qui me faisaient penser à des trucs qui se passent en ce moment, mais bon, rien n’est parfait). Les acteurs étaient très bons, les décors géniaux. Mais ça me faisait tout drôle que la moyenne d’âge des spectateurs soit dans la cinquantaine. Ça me change du Théâtre d’Aujourd’hui (qui me manque follement, c’est clair que dès que je rentre au Québec je me prends un abonnement pour la prochaine saison).

147.

16 Nov

Je crois pas en Dieu, en tout cas je pense pas, ou en fait: je l’appelle pas comme ça. Je dis pas comment je l’appelle, ça c’est un vrai secret. Moi je pense que ça se peut, attendre, et pas être une imbécile. Je pense que des fois c’est la seule chose intelligente à faire. Attendre. Attendre doucement, sans compter les jours, sans sacrer, sans se mettre à se sentir comme un chien. Attendre en paix. Attendre en silence et s’occuper d’autre chose, avec application, créer quelque chose de beau en attendant, comme un potager, une soupe, une écharpe, un roman, une jupe, une collection de poèmes appris par cœur, ou n’importe quoi qu’on peut faire avec amour.

On peut faire du thé tous les matins avec amour, recevoir ses amis à souper, lire des pièces de théâtre, on peut faire le ménage ou repeindre toutes les pièces d’une maison, mais ce qui est bien, c’est que plus tu fais les choses avec amour, plus tu as d’amour en toi, qui attend, qui t’illumine par en dedans. Si Dieu me regardait dormir, il verrait que je glow in the dark, parce que j’attends tellement fort, j’attends avec tellement d’application, j’ai tellement de patience dans le corps, de patience infinie que bientôt ça va se voir à l’œil nu.

J’attends parce que je trouve ça beau d’attendre, je trouve ça beau, j’aime ça me savoir disponible quand je me lève le matin, à le recevoir, enfin, parce que je suis là, au complet, totalement là, totalement prête et quand je le reçois pas je suis pas déçue, au contraire, je me dis que ce sera peut-être demain, alors je me couche encore plus disponible, encore plus heureuse, j’ai encore plus hâte au lendemain. J’ai des petites mains délicates nerveuses de le toucher, mais capable d’attendre là, correct là, placées sur mon ventre, ou des fois, au chaud, bien au fond de mes cuisses, en l’attendant.

– Chaque automne j’ai envie de mourir, Véronique Côté

146.

5 Nov

C’est la première fois que ça me prend vraiment dans les tripes depuis mon retour de voyage. Ce sentiment de « Merde, qu’est-ce que je suis en train de faire, ce n’est pas ça que je veux, comme vie! » Je sais que c’est temporaire, mais quand même. Le fait de loger chez la mère de mon copain, de parler pas mal de soucis de fric (que ce soit les nôtres ou ceux des autres), d’être en recherche d’un emploi qui ne me plaira pas, juste pour dire que j’ai un emploi et que l’argent rentre… Et puis de ne pas pouvoir voyager autant que je le voudrais. De rester au même endroit pendant des semaines, des mois. Alors que cet été c’est à peine si on restait en moyenne 24h par endroit. Bref, ça fait tout drôle, comme feeling. J’sais pas si j’aime ça. (Mais sinon, tout va bien, han!)

144

24 Oct

Bientôt deux semaines que je suis arrivée, ça passe à une vitesse ahurissante. Demain mon visa va officiellement prendre effet, donc direction la préfecture pour demander ma carte de séjour, qui va me permettre de demander mon autorisation de travail, qui va me permettre de gagner un peu de sous pendant l’année. Je reluque un service civique qui a l’air pas mal intéressant, un truc avec la Croix Rouge française, mais il y a juste deux places et il y a une tonne de candidatures, et je ne sais pas du tout si le fait d’être étrangère et d’avoir juste mon secondaire 5 va me nuire ou m’aider.

En attendant je me prépare tranquillement pour le BAC que je vais passer en fin d’année. Ça paraît peut-être pas, mais ça représente quand même pas mal de travail.  M’enfin, pour l’instant je travaille littérature et philo, donc ça va, ça m’intéresse. C’est quand même quelque chose, le travail en autodidacte!

La vie est douce dans ce coin de pays, les couleurs de l’automne québécois me manquent, mais je profite de la température bien plus clémente!

143.

6 Oct

Mon visa est arrivé, départ vendredi! Décidément, je n’aurai pas passé beaucoup de temps au Québec cette année! Reste à relever le défi de faire entrer un an de stock dans une seule valise…

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