Tag Archives: école

135.

9 Avr

J’lis ce site-là, pis j’capote.

(Dans deux semaines, je vais passer une semaine avec un dragon à Tours. On va passer notre temps à s’inventer un voyage fou-fou-fou pour cet été.)

(Demain je vais savoir si je suis acceptée au cégep du Vieux en photo. Je sais pas ce que je veux.)

77.

2 Sep

LÉOPOLD. Y reste-tu du beurre de peanuts?

MARIE-LOUISE. Oui.

MARIE-LOUISE. Euh… c’est-à-dire que j’en ai acheté un pot neuf… L’autre était vide…

LÉOPOLD. Ben… sors-lé…

MARIE-LOUISE. Y restait pu de smoothy, Léopold, ça fait que…

LÉOPOLD (donne un coup de poing sur la table). T’as encore acheté du crunchy!

À toi, pour toujours, ta Marie-Lou – Michel Tremblay

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Ok, j’étais peut-être fatiguée, mais j’ai vraiment ris quand j’ai lu ça cet après-midi dans l’autobus, en revenant du cégep.

72.

23 Août

J’ai même pas commencé le cégep pour vrai (les cours c’est mercredi, aujourd’hui c’était juste la journée d’accueil) et je pense déjà à dans trois ans. Alors que j’ai passé l’année entière à attendre ce moment. J’suis irrécupérable.

Et j’emmerde la vie, surtout ma job-que-j’aime-pas pis les fucking prix qui arrêtent pas d’augmenter pour le transport en commun. Deux heures quarante-cinq de transport chaque jour, merde, c’est 24.50$! En un mois c’est plus de 500$ que j’aurais pu gagner, pis sur l’année au complet (en comptant juste les jours où je suis au cégep), ces deux heures quarante-cinq-là, elles m’auraient permis de payer entièrement mon billet pour l’Australie, pis même que j’en aurais eu assez pour faire une virée magasinage avant de partir!

Pis câlisse, il peut pas me prévenir quand sa blonde débarque à la maison à 21h, alors que je pensais avoir la maison à moi jusqu’à ce qu’il rentre vers 23h30? J’aurais pu être en train de faire un gros party-de-débauche-de-la-mort (ben oui ben oui, on te croit Marie), de fumer un joint avec un inconnu rencontré à Montréal (de mieux en mieux) ou de m’ouvrir les veines dans la salle de bain (ouin, ça s’en vient dégueu)! Fais chier, quoi.

(Je chiale à propos de n’importe quoi, mais dans le fond c’est juste mes insomnies qui me rendent pas endurables. Ça a recommencé quelques jours après que je sois revenue de l’Ontario, mais comme j’ai une job super flexible ce n’était pas un problème, je finissais par me coucher pour de bon vers 2-3h, je m’endormais après 4/5h et quand je me réveillais j’allais travailler. Sauf que pour le cégep, ce n’est pas une option. Quand je commence à 8h, faut que je parte de chez moi à 6h25 minimum. Faque mettons que le pot de pilules-magiques-pour-dormir vide qui traîne sur mon bureau, avec « 1 renouvellement restant » d’écrit dessus me tente de plus en plus.)

71.

22 Août

Début du cégep.

70.

17 Août

67.

5 Août

Je m’en vais passer la semaine pis ça va être vraiment cool.

Je pars en voyage et j’apporte :

  • Mon maillot de bain parce qu’on va être à deux pas de la plage.
  • Mon MP3 parce que ça prend 8 heures se rendre pis qu’on va être trois sur la banquette arrière.
  • Raphaëlle en miettes parce que la fille qui écrit ça a tout simplement un don.
  • Les rendez-vous manqués parce que le titre est cool.
  • Les gens parce que sur la quatrième de couverture il est écrit « Le sage doit rechercher le point de départ de tout désordre. Où? Tout commence par le manque d’amour. » pis que c’est trop trop vrai.
  • Mon portable pour travailler un-peu-mais-pas-trop, mais anyway travailler quand on est assis sur une plage c’est pas grave.
  • Mon appareil photos pour garder des beaux souvenirs.

Quand je vais revenir, il va rester juste une semaine avant le début du cégep. J’ai tellement attendu ça! Souhaitez-moi que ça soit à la hauteur de mes espérances…

55.

22 Juin

– JE MOURRAI PAS ZOMBIE –

 

Après les vacances, je n’ai plus eu qu’une idée en tête : fuguer avec Francis Cabrel. Je ne suis pas si atteinte, j’avais bien conscience que c’était totalement fou. Sauf que j’en avais marre d’attendre. Attendre Hubert, attendre François, attendre que le secondaire finisse pour commencer le cégep, que le cégep finisse pour commencer l’université (pas moyen d’y échapper avec mon père, pour lui, sans éducation point de salut, on tombe dans un gouffre et on se fait dévorer par la machine, comme si devenir prof d’informatique au secondaire ou comptable agréé nous épargnait nécessairement de la vacuité de l’âme), et puis quoi encore, attendre que l’université finisse pour commencer à travailler, attendre de finir de travailler pour prendre sa retraite, attendre de quitter cette ville, attendre de croiser un être humain dans mon quartier, attendre de voir mon père sourire, attendre que ma mère se souvienne qu’elle a une fille. C’était réglé dans ma tête, je n’attendrais plus rien, je partirais sur les routes voir si on vit ailleurs, avec Francis qui me prendrait sous son aile, j’irais le voir à la fin de son spectacle pour qu’il m’emmène, il le ferait, lui qui avait écrit : « Tu as écouté la rengaine, ça fait trente ans que tu es endormi, tu as tes quatre semaines, moi j’ai toute ma vie »! Alors pour m’y mettre sérieusement je suis allée sur la côte du Passage au magasin de guitares et j’ai acheté une petite guitare classique parce que c’était tout ce que je pouvais me payer avec mes économies vu que je dépensais la plupart de mon argent en hash, il faut bien fuir un peu quand même de temps en temps avant le grand départ sur les routes enfin. Mais ça ferait quand même l’affaire et je pourrais certainement apprendre deux, trois chansons de Cabrel et même que je pourrais rembourrer l’étui avec quelques vêtements quand je partirais avec Francis sur les routes de France ou d’ailleurs, juste ne plus me poser nulle part pour ne pas m’encroûter et qu’après on en profite pour bâtir des murs autour de mes ailes et que j’oublie le ciel en regardant mon gazon pousser. Francis n’avait qu’à m’aider un bout de temps, je n’en demandais pas beaucoup, dans à peine plus d’un an j’aurais dix-huit ans et je pourrais bien prendre soin de moi-même, à moin bien sûr qu’il n’ait envie de continuer à le faire – tant qu’à fantasmer. Bref, c’était tout réfléchi sauf que je ne savais pas encore si j’allais révéler mon plan aux garçons ou pas, ils risquaient de me traiter de folle ou de vouloir m’en dissuader, et dans un cas comme dans l’autre je n’avais pas envie de les persuader du contraire.

En tous cas, je me suis aussi acheté un cahier de partitions de Cabrel, celui dans lequel on retrouve Gitans : « J’ai peur des lumières des villes/Des grandes maisons immobiles/Des jardins bâtis tout autour […] Ils attachent leurs volailles/Ils surveillent leurs ferrailles/On ne se ressemble pas… » Et j’ai pratiqué, pratiqué, longtemps, dans ma chambre, pendant les soirs de janvier où François et Hubert n’étaient pas è moi. Ça m’a tellement tenue que toutes les fois où j’avais trop mal au ventre et que je voulais sortir mon couteau, j’ai plutôt sorti ma guitare et j’en ai joué tout doucement pour qu’on ne m’entende pas depuis les autres pièces de la maison et qu’on continue de croire que j’étais tranquillement en train de faire mes devoirs de bonne fille rangée, ce qu’ils n’auraient jamais cru une seconde s’ils m’avaient connue minimalement. Ce n’est pas tant la musique qui me gardait en vie mais l’espoir de pouvoir fuir cet air irrespirable qu’un nuage empoisonné avait déposé sur cette maison et sur toute cette foutue ville, et qui faisait en sorte que plus personne par ici n’avait d’oxygène au cerveau, ce qui pouvait expliquer bien des choses.

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Le livre de ma vie, merci Diane Labrecque. (Faut vraiment que j’arrête de plier les coins des pages des livres qui ne m’appartiennent pas.)

P.S. J’ai fini mon secondaire.

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