Tag Archives: famille

148.

24 Nov

Je suis allée au théâtre hier. Avec mon amoureux, pour la première fois. On fait attention à nos dépenses parce que c’est compliqué, parce qu’on veut aller faire nos études au Québec l’automne prochain, mais qu’il lui faut un visa, et pour ça il faut qu’il prouve qu’il a beaucoup beaucoup d’argent et on sait pas encore comment on va faire. Mais ça je pouvais pas passer à côté. Je pouvais pas passer à côté du théâtre pendant toute une année. Alors on a pris un abonnement. Un petit abonnement de 4 pièces pendant l’année. Une en novembre, une en janvier, une en avril et une en mai. Des petits rayons de soleil dans la tourmente.

Parce que c’est un peu la tourmente, ici. Il y a des problèmes de famille (la mienne, la sienne, surtout la sienne). Des tensions, des mots méchants, du parlage dans le dos et des regards qui veulent tout dire. Les gens autour, ça les affecte, mais moins que moi. Parce qu’apparemment c’est « normal » ici. C’est pas cool, mais c’est comme ça de temps en temps. Sauf que moi j’y suis pas habitué. J’y suis pu habituée. Alors ça pèse très lourd pour moi et je suis toujours fatiguée. Avec mon copain ça va bien, heureusement. Sinon, ça ferait longtemps que je serais partie en courant pour prendre le premier train pour ailleurs.

Et là j’attends une réponse pour un boulot, un contrat d’un mois. J’ai passé l’entrevue jeudi, ils vont me répondre d’ici lundi. J’espère qu’ils vont me prendre. C’est pas un boulot facile, mais au moins ça va m’occuper l’esprit pendant quelques semaines. Alors voilà, tout ça dans ma tête, ça fait un peu mal, ça fait une espèce de pression constante contre laquelle je me bats tous les jours. En contrepartie, je me lance à fond dans l’espagnol, pour le bac. J’ai eu 2 ans et demie de cours au secondaire, mais je m’en foutais, donc bon, y a encore du travail. J’ai hacké un logiciel d’apprentissage des langues par reconnaissance vocale qui vaut genre 400 euros pis j’suis en train de passer à travers à une vitesse folle. C’est peut-être pas la bonne technique, mais au moins je fais quelque chose de constructif.

Je suis une mouette. C’est pas c’que j’voulais dire. Qu’est-ce que je disais, déjà? Ah oui, le théâtre.

On est allés voir La Mouette, hier. C’est une pièce de Tchekov. Ça durait 2h30, mais j’ai pas vu le temps passé. Ça ne révolutionne pas le genre, mais c’était bien, et ça m’a vidé la tête (sauf quand les personnages disaient des trucs qui me faisaient penser à des trucs qui se passent en ce moment, mais bon, rien n’est parfait). Les acteurs étaient très bons, les décors géniaux. Mais ça me faisait tout drôle que la moyenne d’âge des spectateurs soit dans la cinquantaine. Ça me change du Théâtre d’Aujourd’hui (qui me manque follement, c’est clair que dès que je rentre au Québec je me prends un abonnement pour la prochaine saison).

72.

23 Août

J’ai même pas commencé le cégep pour vrai (les cours c’est mercredi, aujourd’hui c’était juste la journée d’accueil) et je pense déjà à dans trois ans. Alors que j’ai passé l’année entière à attendre ce moment. J’suis irrécupérable.

Et j’emmerde la vie, surtout ma job-que-j’aime-pas pis les fucking prix qui arrêtent pas d’augmenter pour le transport en commun. Deux heures quarante-cinq de transport chaque jour, merde, c’est 24.50$! En un mois c’est plus de 500$ que j’aurais pu gagner, pis sur l’année au complet (en comptant juste les jours où je suis au cégep), ces deux heures quarante-cinq-là, elles m’auraient permis de payer entièrement mon billet pour l’Australie, pis même que j’en aurais eu assez pour faire une virée magasinage avant de partir!

Pis câlisse, il peut pas me prévenir quand sa blonde débarque à la maison à 21h, alors que je pensais avoir la maison à moi jusqu’à ce qu’il rentre vers 23h30? J’aurais pu être en train de faire un gros party-de-débauche-de-la-mort (ben oui ben oui, on te croit Marie), de fumer un joint avec un inconnu rencontré à Montréal (de mieux en mieux) ou de m’ouvrir les veines dans la salle de bain (ouin, ça s’en vient dégueu)! Fais chier, quoi.

(Je chiale à propos de n’importe quoi, mais dans le fond c’est juste mes insomnies qui me rendent pas endurables. Ça a recommencé quelques jours après que je sois revenue de l’Ontario, mais comme j’ai une job super flexible ce n’était pas un problème, je finissais par me coucher pour de bon vers 2-3h, je m’endormais après 4/5h et quand je me réveillais j’allais travailler. Sauf que pour le cégep, ce n’est pas une option. Quand je commence à 8h, faut que je parte de chez moi à 6h25 minimum. Faque mettons que le pot de pilules-magiques-pour-dormir vide qui traîne sur mon bureau, avec « 1 renouvellement restant » d’écrit dessus me tente de plus en plus.)

68.

12 Août

Y a rien de facile dans la vie. Rien d’évident, rien de figé dans le béton. Y a deux jours de ça, j’étais encore persuadée que je savais ce que je voulais faire cette année, l’été prochain pis encore pendant un ou deux ans après. J’avais décidé que peu importe ce qui m’arriverait, mon existence – du moins, pendant un certain temps – se résumerait à travailler fort-fort pis à me payer des voyages. Parcourir le monde pour pouvoir m’émerveiller de ce qui est différent, chialer sur ce qui est moins bien et me réjouir de tout ce que je découvre, de tout ce que j’ai la chance de voir.

Au début de l’été, je m’étais dit que mon voyage en France serait mon test, la confirmation – ou l’infirmation – que c’est vraiment ça que je veux, vraiment ça que j’aime. Parce que ça faisait déjà un bout que, dans la case « loisirs », j’inscrivais « voyages » avant tout le reste, mais je n’avais jamais voyagé seule, donc il y avait encore le risque que je déteste ça. Faut comprendre que je vis très bien avec la solitude et que j’en ai même fréquemment besoin, mais que je tiens beaucoup beaucoup au fait d’avoir quelqu’un pas trop loin, en cas de besoin.

Bref, j’ai pris l’avion toute-seule-comme-une-grande, j’ai passé un très beau séjour, pis je suis revenue en me disant « Ok, let’s go : Australie l’été prochain ». Sauf que là je pense à ça et je me dis que c’était pas un vrai de vrai test, vu que je n’étais pas VRAIMENT toute seule.. non?

En fait, c’est toutes ces interrogations c’est à cause d’une petite mésaventure qui m’est arrivée hier. Le chalet où je suis en vacances avec ma famille est en Ontario, à environ trois quarts d’heure de Niagara Falls. Les autres avaient décidé d’aller passer la journée à Marineland, qui est à Niagara, et je leur avais demandé de me laisser en ville parce que le parc d’attractions ne m’attirait pas plus que ça. On avait déterminé qu’on communiquerait par sms en fin de journée pour choisir un point de rencontre.

Je me suis promenée pas mal, j’ai visité une couple de petites boutiques cutes – certaines moins, la plupart répétitives – et finalement je me suis installée dans un petit café pour lire un livre. Jusque là ça allait. J’aurais préféré avoir quelqu’un avec qui passer la journée parce que je devais quand même tuer le temps pendant 7-8 heures, mais je profitais du soleil pour marcher et pour magasiner un peu, sans avoir à suivre les envies d’une autre personne.

Vers trois heures de l’après-midi, je niaisais sur mon cell, et je me suis rendue compte que mon solde restant (parce que j’ai un forfait « payez à la carte ») avait diminué drastiquement depuis la dernière fois que je l’avais consulté, 2 ou 3 jours plus tôt. J’ai voulu consulter mon compte pour voir s’il y avait eu une modification ou quoi que ce soit, j’ai donc appelé le système automatique de mon fournisseur. Sauf que pour ça, il fallait que je tape mon fucking code d’accès à QUATRE chiffres. Sauf que je n’ai jamais, mais vraiment jamais de mot de passe à QUATRE chiffres, et pas moyen de me souvenir ce qui m’était passé par la tête le jour où j’avais dû en inventer un. Donc bon, j’en essaie un. Code erroné. Puis un autre. Code erroné. Dernière chance, qu’ils disent. Bon, j’en essaie un dernier, au pire ils ne me laisseront pu essayer. ERREUR MONUMENTALE. Code d’accès bloqué, veuillez entrer votre code PUK. EEEEEUH, QUOI?

En résumé, j’étais toute seule dans une fucking ville en anglais, avec un cellulaire bloqué – cellulaire qui était sensé me permettre de communiquer ma position pour que les autres me ramassent en fin d’après-midi. Laissez-moi vous dire que je n’en menais pas large. Si ça m’était arrivé il y a un an ou deux, j’aurais fondu en larmes, ça c’est sûr.

J’étais dans un espèce de mini centre commercial, faque je fais le tour et j’essaye de trouver un téléphone public. Pas de fucking téléphone public en bas. Pas de fucking téléphone public en haut. Découragée, je suis rentrée dans une boutique, j’ai demandé à une madame avec mon anglais approximatif : « Where can I use a phone? », finalement les téléphones étaient juste bien cachés.

J’ai « lifted the receptor », j’ai mis 50 cennes dans la fente et j’ai pitonné le numéro de son cell. Sauf que c’est un 514. Et que je suis en Ontario. Longue distance. Très longue distance. Et est-ce que vous savez combien ça coûte un longue distance avec un téléphone public? Très cher. Genre 5,20. Et j’avais pas 5,20 sur moi, j’avais à peine deux piastres en screnning, parce que ça faisait longtemps que j’étais pas allée retirer de l’argent à la caisse. Pis mettons qu’il y a pas ben ben de caisses Desjardins en Ontario. Et non, les téléphones publics n’acceptent pas les cartes de débit. En désespoir de cause, j’ai essayé de faire un appel à frais virés, mais ç’a pas répondu, sûrement qu’ils étaient dans un manège. J’étais proche de péter une coche solide.

Je me suis mis en tête de faire refonctionner mon cell, je l’ai éteint, je l’ai rallumé, j’ai tapé des codes au hasard, mais rien à faire, il me demandait toujours un fameux code PUK – tu parles d’un nom, pour un code. J’ai même carrément ouvert mon cell, pis c’est là que j’ai trouvé une p’tite carte avec le numéro de mon fournisseur. C’était un 1-888, j’ai guessé que ça serait gratuit, même sur un téléphone public, et j’ai appelé. Et devinez qui m’a répondu? La même fucking voix automatisée qui m’avait demandé mon code d’accès un peu plus tôt. Après un bon 5-10 minutes de « Si vous voulez… faites le… », j’ai fini par aboutir à « Si vous voulez communiquer avec Fido pour une urgence, faites le 1 ».

Quand j’ai commencé à attendre, je me suis dit qu’après quinze minutes j’abandonnais la ligne pis que j’essayais de rappeler mon père à frais virés. Après quinze minutes, je me suis ravisée pour trente. Après exactement vingt-sept minutes – une chance que c’était pas une urgence urgente – de musique de marde entrecoupée de « Vous savez que si vous voulez modifier votre forfait, vous pouvez le faire en ligne en allant au fido.ca en cliquant sur « Accéder à mon compte ». » une voix humaine – que je n’espérais plus – a fini par me répondre pis me demander ce qu’elle pouvait faire pour m’aider.

– Ouin, ben c’est parce que là mon cell y est bloqué pis il me demande mon code « poque », sauf que j’ai aucune idée de c’que c’est, un code « poque ».
– Oui, alors le code de déverouillage manuel, le code « P-U-K », ou comme vous l’appelez le code « poque », je peux vous le donner, pouvez-vous me donner votre code d’accès?
– Ouin, sauf que là vous comprennez pas, c’est justement parce que je savais pas mon code d’accès que mon cell me demande le code PUK.
– Si vous ne connaissez pas votre code d’accès, alors là je ne peux pas vous aider, je suis désolée. *s’apprête à raccrocher*
– EUH, QUOI?! C’parce que je fais quoi, moi là?!
– Je ne peux pas vous donner le code PUK si vous ne connaissez pas votre code d’accès.
– Ok, ben je fais quoi si je connais pas mon code d’accès, moi?
– Pouvez-vous me donner votre code post-
– J3N ***!
– Parfait, alors je peux vous donner votre code PUK, puisque vous savez votre code postal. Attendez un instant, je vous pris.
– (Fuck you, p’tite madame =). Je m’en fous de tes explications, j’veux juste débloquer mon cell!)

Elle a fini par me donner mon code PUK et j’ai pu débloquer mon cell. Même que mon père n’a rien su de toute cette histoire, pis que je n’ai pas eu à lui rembourser le 5,20 que lui aurait coûté l’appel à frais virés. Mais quand je me suis assise de nouveau à une table du petit café et que j’attendais que les sms que j’avais manqués se mettent à rentrer, j’ai pensé à ça et je me suis dit : est-ce que je serais capable de me débrouiller à l’autre bout du monde, complètement seule, et avec absolument personne qui ne comprenne le français? Est-ce que je veux vraiment prendre le risque?

Je sais que je veux voyager, mais je sais pu si je veux partir au pair en Australie. P’t-être qu’il vaudrait mieux que j’attende de trouver quelqu’un qui ait lui/elle aussi la piqûre des voyage pour ne pas partir seule vers l’inconnu. Peut-être. Je sais pas.

67.

5 Août

Je m’en vais passer la semaine pis ça va être vraiment cool.

Je pars en voyage et j’apporte :

  • Mon maillot de bain parce qu’on va être à deux pas de la plage.
  • Mon MP3 parce que ça prend 8 heures se rendre pis qu’on va être trois sur la banquette arrière.
  • Raphaëlle en miettes parce que la fille qui écrit ça a tout simplement un don.
  • Les rendez-vous manqués parce que le titre est cool.
  • Les gens parce que sur la quatrième de couverture il est écrit « Le sage doit rechercher le point de départ de tout désordre. Où? Tout commence par le manque d’amour. » pis que c’est trop trop vrai.
  • Mon portable pour travailler un-peu-mais-pas-trop, mais anyway travailler quand on est assis sur une plage c’est pas grave.
  • Mon appareil photos pour garder des beaux souvenirs.

Quand je vais revenir, il va rester juste une semaine avant le début du cégep. J’ai tellement attendu ça! Souhaitez-moi que ça soit à la hauteur de mes espérances…

49.

2 Juin

Il fait pas mal beau, l’été a l’air de s’être installé pour de bon. Mon humeur s’améliore exponentiellement à mesure que le nombre de jours qui me séparent de la fin du secondaire diminue. La moitié du temps j’ai 2-3 évaluations par jour, l’autre moitié je me tourne les pouces. Je me mets à attendre avec impatience les jours où je travaille dix heures d’affilée, presque payée au salaire minimum. Maudit que ça fait du bien de faire quelque chose de constructif (et si en prime c’est lucratif, je ne m’en plains pas), de temps en temps!

Je commence à prendre conscience pour vrai que je vais traverser tout un océan toute-seule-comme-une-grande et je suis terrifiée. Juste essayer de retrouver mes bagages ça me fait une série de mini-crises-cardiaques à chaque fois, et là il faudrait que je sois toute seule du comptoir d’enregistrement de PET à la sortie de l’aéroport de Marseille? Au secours.

Pas ben ben d’amélioration du côté du sommeil, ça va ça vient. Vers 2h ce matin j’ai fini par comprendre que je n’aurais pas le choix de sacrifier une de mes précieuses pillules, si je voulais être capable de me présenter en classe aujourd’hui. Il ne m’en reste que trois. Outch.

Le pire c’est que je sais pourquoi ça me fait ça (pour l’instant du moins), et que je ne peux rien y faire. L’autre soir, on était à table pis mon père a dit :

« Bon, on a quelque chose à vous dire, on veut vous parler d’un projet. »

On = lui et sa blonde. Vous = le fils de sa blonde, mon frère et moi. Projet = déménagement. Je ne sais pas, j’imagine que j’aurais dû voir ça venir, mais leur couple est tellement compliqué, pis ça fait tellement longtemps qu’ils en ont parlé sans vraiment se décider.. La première fois (il y a un peu plus d’un an), je n’ai pas pu me retenir de pleurer quand mon père s’est assis avec moi pour m’en parler. Tsé, c’est quand même la maison dans laquelle je vis depuis que j’ai 1 an, c’est rempli de souvenirs.. Pas juste la maison, les gens autour aussi, les rues dans lesquelles j’ai tellement marché, l’arbre sur lequel je me suis tellement balancée..

« Si on trouve une chouette maison, avec 4 chambres pis 2 salles de bain, pas trop cher, est-ce qu’on pourrait rester dans la même ville?

– Non.

– Ok.

– Tu comprends?

– Ouais. »

Non, j’comprends pas. « L’école de Mikaël est à McMaster, on ne veut pas le faire changer encore d’endroit.. » On habite à 5 minutes de char de là. Max 10. Qu’est-ce que ça change? « Pour Philippe, ça va être plus proche aussi.. » Je suis à sa future école depuis 5 ans et ça me prend quoi, 10-15 minutes de bus? « En plus ça me rapproche de mon travail. » Ouais. Et mon cégep, tu y as pensé? Toi ça va te prendre 30 minutes au lieu d’une heure, pis moi ça va me prendre une heure trente au lieu d’une heure et quart. Pis on change de zone, faque ma passe mensuelle va me coûter encore plus cher. Nice.

Non, j’comprends pas, non j’veux pas comprendre. Mais j’ai maturé, ç’a ben l’air, parce que je le montre pas, tout ça. Je le garde en dedans de moi, parce que je sais qu’anyway c’est décidé pis qu’on va déménager, pour de vrai cette fois. Pis j’ai déjà assez fait de marde comme ça pour toute ma vie, faque je les laisse vivre leur petit bonheur tranquillement. Pis hier, quand l’agent d’immeubles est venu pour remplir de la paperasse et prendre des photos, je me suis assise avec eux pis j’ai écouté, j’ai participé à la conversation par moments, j’ai joué à celle-qui-s’en-fout, celle-pour-qui-ça-ne-compte-pas. L’agent montrait des exemples de maisons qui ressemblent un peu à la nôtre et du prix auquel elles ont été vendues, pour nous donner une idée de l’état actuel du marché. Y était aussi marqué le nombre de jours que ça avait pris pour vendre la maison. Y en a que c’était 5, 7, 18 jours. Genre que dans 2 semaines, notre maison pourrait être vendue. Arke.

Pis ils ont dit qu’ils viendraient poser la pancarte le lendemain. Aujourd’hui.

46.

24 Mai

J’ai une toune sur repeat depuis hier. C’est pas vraiment une toune, juste quelques mesures de piano répétées à l’infini, mais j’trouve que c’est pas mal ce qui reflète le plus mon état d’esprit du moment. J’ai beau chialer contre l’école, maudit que j’aime pas ça les longues fins de semaines, quand je ne suis pas overbookée. Surtout que j’étais sensée travailler aujourd’hui mais-finalement-non. Ça aurait fait du bien à mon portefeuille, après la session-de-dépensage de samedi.

Hier j’ai pas fait grand-chose à part botcher un travail d’anglais immonde, aller voir Pirates des Caraïbes (très bon, mais un peu trop long) et surfer sur le net. J’avais envie d’aller à la bibliothèque, mais c’est toujours fermé le lundi (pis anyway c’était la fête des Patriotes / du Dollar / de la reine), faque j’ai pris mon mal en patience. Je vais y aller tantôt, ça ouvre à 13h. D’ici là, j’ai dix milliards de trucs à faire, que je vais passer mon temps à remettre à plus tard. J’va les écrire, juste pour être sûre de pas en oublier (pis j’suis sur un trip de faire des listes, en ce moment. Liste des endroits où je veux aller, liste des livres que je dois lire un jour, liste des films qui ont l’air trop bons, etc. Bref, ce que j’ai à faire :

  • Comptabiliser les résultats du sondage pour mon projet de stats
  • Choisir les fuckings photos pour mettre dans les cadres que j’ai fait acheter à mon père il y a dix-milliards-de-mois
  • Faire le ménage de ma chambre qui ressemble à.. à rien, en fait
  • Finir ma partie du foutu projet interdisciplinaire qui est à remettre vendredi (j’ai l’impression que ça fait deux jours, et non un mois, qu’on l’a commencé)
  • Faire le ménage de mon bureau, ça serait bien aussi, mais je le ferai pas
  • Pis plein d’autres trucs que j’oublie sûrement

Hier y a mon père qui est entré dans ma chambre-champ-de-bataille pour déposer du linge pendant que j’étais pas là, pis il est tombé (par hasard, comme ça, qu’il dit) sur une lettre que j’avais écrite y a 2-3 ans à un gars. Pas une lettre d’amoureuse, non-non, une lettre de p’tite soeur à son grand frère. J’ai pas aimé ça, qu’il me dise qu’il l’avait lu. J’aurais préféré pas le savoir. Parce que ce gars-là, je lui parle pu. Ou plutôt il me parle pu.

C’est pas juste les histoires d’amour qui peuvent mal finir, y a les histoires d’amitié aussi. Ce gars-là il a été là pour moi quand j’en ai eu besoin, pis il est devenu une grosse partie de ma vie. Mais lui aussi il avait vécu des choses-pas-cool dans sa vie, pis ça fait que des fois il agissait bizarre. Comme s’il se foutait du monde. Comme s’il pouvait partir n’importe quand pis tous nous oublier. On a eu plusieurs fois des grosses chicanes à ce sujet-là. Au début ça me mettait vraiment dans tous mes états pis j’pleurais comme une conne, mais j’ai fini par m’y faire, pis anyway je savais que ça durait jamais. Je me disais qu’au fond, malgré tout ce qu’il pouvait dire, c’était vrai qu’il tenait à moi, pis que j’avais pas à m’en faire. Peu importe ce qu’il faisait/disait, je l’excusais toujours, parce que je me disais que ses bons moments rachetaient toujours ses mauvais. Pis j’avais peur, tellement peur de pu pouvoir compter sur lui..

But life is life, so à moment donné on s’est chicanés pour une niaiserie, mais les deux on a été trop têtus. Pis après c’était trop tard, c’était brisé pour de bon. Pis là je me suis dit que c’était assez, que j’allais pas m’abaisser à ramper devant lui. Il voulait pu de moi? Pire, il s’en foutait que je sois là ou pas? Message reçu 5/5. Enfin..

Ça m’a fait drôle, parce que hier soir, alors que je venais presque-tout-juste de parler de lui, il est venu me voir sur MSN. C’était juste pour une question technique, un projet sur lequel on avait travaillé ensemble, pis il avait besoin de mon autorisation pour mettre mon nom dans les documents officiels, mais ç’a adonné que c’était le même soir. J’suis fière de moi, quand même. Ça aurait été tellement facile d’écrire « Pis, qu’est-ce que tu deviens? ».. mais non, je lui ai souhaité une bonne fin de soirée pis je suis allée me coucher.

24.

15 Fév

Alors on m’a demandé des photos de la Gaspésie, je vous en montre quelques-unes déjà :). Pour ceux qui ne savent pas où c’est, c’est là :

Donc voilà, la Gaspésie c’est mon petit paradis. Mon père est originaire de là-bas, et une partie de sa famille y vit encore. Quand j’étais petite, on y allait à tout les Noël. Puis à toutes les vacances d’été. Maintenant, ça varie. Souvent on y va aux deux, mais parfois (comme l’été passé), je ne peux pas y aller pour une raison X. Et comme je pars 3 semaines en France cet été, je ne sais pas si je pourrai y aller, alors j’en profite pendant la semaine de relâche.

LA GASPÉSIE, C’EST

la grève où je passe le 3/4 de mon temps l’été

les routes sinueuses, entre fleuve et montagnes

les montagnes couvertes de sapins (et de neige six mois par année)

là où a vécu mon popa

mon beaauuu sapiiiin, roi deeees forêêêts!

des petits villages chouettes où tout le monde se connaît et où on se fait appeler « le gars/la fille à (nom du père) »

l’eau à perte de vue

le quai où mon popa et ses frères pêchaient (les meilleurs poissons du monde) quand ils étaient jeunes

des magnifiques couchers de soleil (et levers aussi, quand on daigne aller les regarder)

la terre familiale avec le champ de framboise, le chalet, la ferme, le quatre-roues, le ski-doo et des kilomètres et des kilomètres de forêt <3

et un cimetière juste à côté de la maison (qui est à côté de l’église), avec 90% de Côté, Clavet et Caron (soit ma famille éloignée, qwa)

Je crois qu’on a pas mal fait le tour! Évidemment, il y a Gaspé, le rocher Percé, les éoliennes et tout et tout, mais ça c’est plus touristique qu’autre chose. Donc voilà, c’est là que je vais aller passer une semaine chez ma tante :). Hâte hâte hâte!

J’écoute.

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