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102.

29 Déc

J’ai l’goût de partir en voyage à l’autre bout du monde, sans fixer une date de retour. L’goût de tout lâcher pis de prendre mes économies pour acheter une petite auberge sur le bord du fleuve. L’goût d’arrêter de pelleter des nuages et de rêver en couleur. La Gaspésie, ça me réussit pas, ça me fait trop penser. Pendant une trotte de 2h en skidoo, à voir défiler les sapins recouverts de neige, t’as du temps en masse, pour penser. Pour réaliser que les beaux plans que t’as faits, c’était p’t-être juste des illusions de p’tite fille qui veut encore croire que tout s’arrange toujours dans la vie. Y a une boule qui me pèse, en dedans. J’sais pas où je m’en vais, pis ça me fait peur.

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58.

1 Juil

Si tu descends un jour dans le bas du fleuve, il est possible qu’une envie soudaine de continuer le long de la 132 s’emparre de toi. N’y résiste pas, ne lutte pas, c’est inutile. Joue avec les boutons de la radio jusqu’à ce que tu tombes sur une chanson que tu aimes, augmente le volume et ouvre tes fenêtres pour sentir le vent. Regarde les nuages ou les étoiles (et un peu la route, aussi) et profite du moment. Regarde défiler les paysages, la forêt d’un côté et le fleuve de l’autre. Respire.

Ne t’étonne pas de voir les heures filer sans que tu ne les vois passer. Des villages, tu en verras des tas. De petites maisons dispersées, à peine plus grandes qu’un chalet d’été pour la plupart. Avec des 4X4 qui se promènent sur les petites routes et des vieux qui se saluent quand ils se croisent au moment de prendre leur marche de la journée. Ils se connaissent depuis toujours, ils font partie des meubles.

Bientôt, tu verras un panneau indiquant que tu approches de Cloridorme. Tu es presque arrivé à destination. Encore quelques minutes de montagnes russes sur une route fraîchement refaite, mais toujours aussi ondulée, et tu aperçois finalement les premières habitations. Quand tu arriveras au niveau de l’église, sors de la route en faisant attention aux voitures qui vont très vite dans la côte et stationne-toi devant la grande maison juste en face.

Descends de ta voiture et fais quelques pas, avance toi jusqu’au bout de la falaise. Juste en dessous, il y a la grève. À gauche, le port. À droite, l’usine à poisson. En face, le fleuve à perte de vue. Ferme les yeux. Sens le vent sur ton visage et souris. Tu peux entrer, maintenant. Tu auras le temps de profiter du paysage plus tard.

Vas cogner à la porte, dis que c’est moi qui t’envoie. Elle va te proposer une soupe ou quelques-uns de ses merveilleux petits pains. Elle va dire “Fais comme chez toi”, mais tu ne respecteras pas la consigne. Chez toi, tu prends à peine le temps de souffler, tu es à fond dans ta routine métro-boulot-dodo. Chez toi, tu ne prends pas le temps de vivre, tu ne fais que courir. Là-bas, tu vas devoir réapprendre à vivre, à un autre rythme, avec d’autres priorités. Je ne dis pas que ce sera facile, mais je te promets que ça en vaut la peine.

Là-bas, tu manges quand tu as faim, tu dors quand tu es fatigué. Le temps n’existe plus, tu peux même jeter aux poubelles la belle montre que tu as acheté en spécial à 200$ dans une bijouterie de ta banlieue sale. Là-bas, tu vis au rythme du soleil et des marées.

Tu peux y aller accompagné, mais c’est toujours quand on est seul qu’on fait les plus belles rencontres. Laisse-toi guider par le destin, prends la vie comme elle vient. Descends sur la grève, on s’en fout s’il fait frisquet dehors. Enfile un vieux gilet que tu aimais beaucoup quand tu étais plus jeune, mais que tu n’oses pas porter en ville. Là-bas, les vieux guètent à leur fenêtre pour se raconter les derniers potins de l’heure, mais ce n’est rien comparé à la pression constante que tu subis quand tu te rapproches de la métropole. Alors mets des vieux vêtements – moches, mais chauds et confortables –, tu n’es pas là pour faire un défilé de mode.

Descends sur la grève et marche en sautant d’une pierre à l’autre. Et puis parfois, arrête-toi et regarde les vagues. Non, non, range ton appareil photos, tu n’es pas là pour ça. Ils s’en contre-fichent, ceux à qui tu vas montrer tes clichés. Aucune image au monde ne peut rappeler ce sentiment qui t’envahie quand tu fixes l’horizon et que tu respires l’air salin.

Là, alors que tu contemples le lointain, tu n’as pas besoin de te jurer que tu vas revenir. Tu sais que tu le feras. Retourne-y à chaque fois que tu peux, à chaque fois que tu veux. Quand tu doutes, quand tu ne sais pas. Pour une journée, une semaine, un été, une vie. Seul, en couple, en famille, entre amis. Dans une belle roulotte, dans un motel ou dans une vieille maison juchée sur une colline.

Respirer l’air de la Gaspésie et vivre au rythme de ses gens, c’est comme appuyer sur reset. Ça te permet de retrouver la paix que tu croyais disparue à jamais. Évidemment, tu vas devoir retourner en ville, parce qu’il faut que tu gagnes de l’argent pour te payer des vacances, mais la péninsule est là pour rester et elle attendra ta prochaine visite. À ton retour, tu la trouveras inchangée, toujours la même, toujours aussi belle et sereine. Et tu ne comprendras pas pourquoi tu l’as quittée.

Un jour, quand tu seras vieux et que tu auras mis des sous de côtés pour tes dernières années, tu vendras tout ce que tu possèdes et tu feras le trajet en voiture une dernière fois. Tu achetèteras une petite maison à deux pas du fleuve et, pour la première fois de ta vie, tu sauras que tu as trouvé ta place dans le monde.

24.

15 Fév

Alors on m’a demandé des photos de la Gaspésie, je vous en montre quelques-unes déjà :). Pour ceux qui ne savent pas où c’est, c’est là :

Donc voilà, la Gaspésie c’est mon petit paradis. Mon père est originaire de là-bas, et une partie de sa famille y vit encore. Quand j’étais petite, on y allait à tout les Noël. Puis à toutes les vacances d’été. Maintenant, ça varie. Souvent on y va aux deux, mais parfois (comme l’été passé), je ne peux pas y aller pour une raison X. Et comme je pars 3 semaines en France cet été, je ne sais pas si je pourrai y aller, alors j’en profite pendant la semaine de relâche.

LA GASPÉSIE, C’EST

la grève où je passe le 3/4 de mon temps l’été

les routes sinueuses, entre fleuve et montagnes

les montagnes couvertes de sapins (et de neige six mois par année)

là où a vécu mon popa

mon beaauuu sapiiiin, roi deeees forêêêts!

des petits villages chouettes où tout le monde se connaît et où on se fait appeler « le gars/la fille à (nom du père) »

l’eau à perte de vue

le quai où mon popa et ses frères pêchaient (les meilleurs poissons du monde) quand ils étaient jeunes

des magnifiques couchers de soleil (et levers aussi, quand on daigne aller les regarder)

la terre familiale avec le champ de framboise, le chalet, la ferme, le quatre-roues, le ski-doo et des kilomètres et des kilomètres de forêt <3

et un cimetière juste à côté de la maison (qui est à côté de l’église), avec 90% de Côté, Clavet et Caron (soit ma famille éloignée, qwa)

Je crois qu’on a pas mal fait le tour! Évidemment, il y a Gaspé, le rocher Percé, les éoliennes et tout et tout, mais ça c’est plus touristique qu’autre chose. Donc voilà, c’est là que je vais aller passer une semaine chez ma tante :). Hâte hâte hâte!

J’écoute.

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