Tag Archives: livres

173.

15 Mar

Tout là-haut, loin du monde, la nuit est paisible et je n’entends rien d’autre que le fredonnement de la terre. À l’école, quand j’ai chanté la note à M. Hughes, du cours de musique, il m’a dit que c’était un si bémol.

– La terre fredonne en si bémol, Mari Strachan

172.

3 Mar

En vrac, les albums pour enfants que j’ai lus récemment :

If…: A Mind-Bending New Way of Looking at Big Ideas and Numbers – David J. Smith

Dans le livre « If », l’auteur (qui est avant tout un professeur) mesure les impondérables en faisant des comparaisons à la portée des enfants. Univers, temps, inventions, ressources, humanité… tout y passe! Il ne s’agit pas d’une histoire, ou plutôt c’est l’Histoire avec un grand H, c’est ce que nous sommes, notre réalité. « Certaines choses sont tellement immenses ou tellement vieilles que c’est difficile de les concevoir dans son esprit. Mais si nous regardions ces grosses choses, ces gros événements difficiles à imaginer et que nous les comparions à des choses que nous pouvons voir, sentir et toucher? Instantanément, nous verrions le monde d’une tout autre manière. » Dans cet album, de charmantes illustrations viennent prêter main forte aux mots pour exemplifier tous ces concepts. Parfois, les faits sélectionnés m’ont semblé un peu trop complexes pour le public cible (8 à 12 ans), mais en général tout est très bien pensé. Il s’agit donc là d’un petit livre que les écoles primaires auraient avantage à se procurer et à mettre dans le plus de petites mains possible!

My Family Tree and Me – Dušan Petričić

Je dois admettre que j’ai été plutôt déçue. J’aimais vraiment l’idée de ce livre, ce qui m’a donné envie de le lire, mais je m’attendais à plus. Oui, je comprends que le but était d’abord et avant tout de mettre en contexte les termes utilisés pour nommer la parenté, mais le résumé du livre promettait quand même « l’histoire de la famille » du côté du père, puis celle du côté de la mère. le fait de commencer chaque histoire aux deux extrémités de l’album et de les faire se rejoindre au milieu était très bien pensé, mais c’est facile d’écrire des phrases comme « Grâce à eux naquit il y a très, très longtemps mon arrière-grand-père, qui rencontra et maria mon arrière-grand-mère. » Ce n’est pas ce que j’appelle une histoire. J’ai été particulièrement frustrée par le manque de développement sur le thème de la diversité. Les images parlaient d’elle-même, mais je considère que ça aurait vraiment valu la peine de mettre des mots sur ce phénomène, d’en profiter pour l’expliquer aux enfants.

The Most Magnificent Thing – Ashley Spires

Ce petit album est tout simplement merveilleux. Il s’agit d’une fillette accompagnée de son loyal assistant et meilleur ami : son chien. Un jour, la petite décide de construire « the most magnificent thing ». Tout est très clair dans sa tête, elle sait de quoi la chose aura l’air et comment elle fonctionnera, il ne reste plus qu’à la construire! Les deux compères se lancent donc dans le processus ardu de création, déterminé à surpasser tous les obstacles. Au bout d’un long moment, toutefois, la fillette commence à être découragée, et même à se fâcher : elle a construit une tonne de prototypes, mais rien qui ne corresponde vraiment à ce qu’elle avait en tête. Cet album est un conte de persévérance, de créativité et de patience. Il enseigne une belle leçon aux enfants : aller au fond des choses, même si ce n’est pas facile tous les jours, même si on ne succède pas immédiatement. Un magnifique message, très bien accompagné d’adorables illustrations.

Je lève également mon chapeau à l’auteur qui a su mettre en contexte une fille à l’esprit scientifique tout naturellement, sans ressentir le besoin de souligner qu’il s’agit d’une fille de manière excessive.

171.

2 Mar

Look, she said. There’s something that adults call expectations, which means that we never get what we want and in fact we don’t get it because we want it. So the way it works is that if I really want Steve, if I want to marry him, then he runs away. If I don’t want him, then he’ll keep coming around and we won’t be able to get rid of him. And this will be even more true for you, because being a father is a much bigger thing than being a husband. So if you want Steve to be your father, he’ll run. But if you can just enjoy Steve because he’s fun, maybe he’ll stick around for a bit.

– Aquarium, David Vann

170.

26 Fév

CRITIQUE LITTÉRAIRE pour NetGalley

Luna’s Red Hat – Emmi Smid

This book made me cry out loud. I think the author has fully achieved her goal: an illustrated storybook to help children experiencing the lost of a loved one by suicide. The little story is perfectly written; children will be able to recognize themselves in the different ways Luna reacts to the situation. The father, in the story, always has the best answer to Luna’s questions. The type of answer parents would like to think of by themselves, to make it as easy as possible for their kids. Like:

 « Mum didn’t want to leave us,
and she didn’t want to die, but she just couldn’t
find another way out, » said Dad.

Even if it’s not a day for feeling sunny, not a day for liking things, Luna ends up having a nice afternoon with her Dad… and her Mum’s red hat.


Ce livre m’a fait pleurer. Je pense que l’auteur a complètement atteint son but : un album illustré pour aider les enfants qui vivent la porte d’un être aimé par le suicide. La petite histoire est parfaitement rédigée; les enfants seront capables de se reconnaître dans les différentes façons de Luna de réagir à la situation. Le père, dans l’histoire, a toujours la meilleure réponse qui soit aux questions de Luna. Le genre de réponse que les parents aimeraient entendre sortir de leur propre bouche, pour rendre la chose le plus facile possible pour leurs enfants. Comme :

« Maman ne voulait pas nous quitter,
et elle ne voulait pas mourir, mais elle ne pouvait simplement pas
trouver une autre façon de s’en sortir » dit Papa.

Même si ce n’est pas un jour pour se sentir ensoleillé, pas un jour pour aimer les choses, Luna finit par passer un bel après-midi avec son Papa… et le chapeau rouge de sa Maman.

169.

25 Fév

CRITIQUE LITTÉRAIRE pour NetGalley

Jack of Spades – Joyce Carol Oates

In this Dr Jekyll & Mr Hyde kind of book, we enter the life and thoughts of Andrew J. Rush, a mystery novels author who’s well known as the « gentleman’s Stephen King ». But Andrew has a secret he even keeps from his family: he also writes under a pseudonym, Jack of Spades. These other books are… different–it’s the least we can say–more noir, more violent. It seems that all the energy Andrew puts into being the best husband, the best father, the best citizen, he needs to make up by writing those horrible books, in the middle of the night, as if he was possessed.

Quickly, we start realizing that Jack of Spades is not a simple pseudonym. It seems to be Andrew’s alter ego, even inside in own mind. As we enter into the daily reality of the well-known author, we discover some thoughts that seem to come from another personality, which is at the other end of what we could expect from the good citizen Andrew is. But some events happen – that’s the whole point of the story – which endanger his secrecy. Jack of Spades is getting more and more present in the mind of Andrew, pushing him to do things he would never even think of doing, usually.

While I don’t appreciate the kind of people Andrew is (apart from his obvious pathology, the way he treats and think about his wife and children horripilates me), I do think this is a good book. I never really knew what was coming forward. I could only guess, and most of the time I was far away from the truth. It goes really fast even if we follow the many thoughts and doubts of the main character. Not wonderful, but still great, this is a short and efficient novel for everybody enjoying suspense/mystery/psycho type of books!

168.

24 Fév

CRITIQUE LITTÉRAIRE

Chronique du tueur de roi, 1re journée : Le Nom du vent – Patrick Rothfuss

C’est en lisant cet extrait d’à peine quelques lignes vendredi passé que j’ai eu envie de découvrir Chronique du tueur de roi, 1re journée : Le Nom du vent :

« J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent. Mon nom est Kvothe. Vous avez dû entendre parler de moi. »

Pas vraiment convaincue de prime abord par cette plume, toutes mes appréhensions sont rapidement disparues, balayées par un enthousiasme grandissant à mesure que je m’enfonçais dans les profondeurs cette magnifique histoire. J’aurais voulu dévorer les 792 pages qui la composent d’une seule traite. J’aurais voulu ne pas m’arrêter une seule seconde, même pas pour manger ou pour dormir, tellement j’ai été envoûtée. Je me suis mise à regretter l’époque de mon école secondaire, quand je pouvais me permettre de passer jours et nuits à lire!

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166.

21 Fév

CRITIQUE LITTÉRAIRE

L’Homme qui souriait – Henning Mankell

Deuxième Mankell que je lis, après Meurtriers sans visage qui était le tout premier roman policier à mettre en scène le désormais célèbre commissaire Kurt Wallander. Vous verrez peu à peu apparaître ici de nombreuses critiques de romans policiers scandinaves (à commencer par La Princesse des glaces de Läckberg il y a quelques jours) en raison d’un projet en développement, alliant littérature et photographie. Étant encore en attente de certaines confirmations, je ne vous en dis pas plus pour le moment, mais ça ne saurait tarder.

Voici donc l’anti-héros Kurt Wallander (un peu moins alcoolisé, mais un peu plus perdu que quand je l’ai quitté à la fin du premier livre) qui est de retour sur une enquête après 18 mois d’arrêt maladie. Il ne prévoyait pas reprendre du service, mais un événement troublant vient changer la donne et l’incite à se remettre aussitôt en scelle. On se retrouve alors au cœur d’un mystère qui semble s’obscurcir à vue d’œil, allant de victime en victime au rythme des découvertes. On suit Wallander alors qu’il tente à la fois de résoudre l’enquête et de reprendre ses marques dans le petit commissariat d’Ystad, constamment partagé entre son besoin de solitude et la nécessité évidente de travailler en équipe.

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