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131.

15 Mar

J’ai finalement mailé mes cartes postales. Des requêtes de mes proches et autres à l’envoi final, en passant par l’achat de postcards et de stamps, il y aurait de quoi noircir des pages. Je vais me contenter de quelques paragraphes.

En arrivant ici (ici = Californie, mais pas pour longtemps puisque je prends l’avion demain), j’avais 10 cartes postales à trouver. Famille, amis… et inconnus. Je me suis inscrite il y a quelques semaines sur Postcrossing.com. C’est un site qui met en contact des gens qui aiment recevoir des cartes postales de l’étranger. Le principe est simple : tu reçois une adresse, tu envoies une carte postale à cette adresse, quand l’autre personne l’a reçue elle l’indique sur le site et ton adresse est envoyée à quelqu’un d’autre qui t’enverra à son tour une carte postale. Donc voilà, en tout ça me faisait 10 cartes postales à trouver.

Pendant la première semaine et demie… rien, nothing, nada, niet. Et ce n’est pas faute d’avoir cherché, han! Bon, à Laguna Beach j’en aurais sûrement trouvé si je m’étais donné la peine de regarder, mais on venait d’arriver alors ça ne m’est pas venu à l’idée. N’empêche que c’est fou le nombre de petites boutiques que j’ai visitées sans rien trouver! Vendredi passé je suis allée à Disneyland, et là encore, je n’en revenais pas : dans l’énoooorme boutique Disney de Downtown Disney, il n’y a qu’UN SEUL (affreux) modèle de carte postale à vendre, ainsi que deux paquets différents de 10 cartes postales mille fois pires. Je capotais un peu (dans le mauvais sens).

Finalement, c’est dans une des (trop nombreuses) boutiques entre deux manèges que j’ai finalement trouvé une carte postale qui avait de l’allure, mardi. J’avais fait le tour d’environ 15 petites boutiques, et je ne jetais plus qu’un coup d’œil (blasé) rapide, alors on peut dire que j’ai eu de la chance de la voir, cette petite carte postale perdue dans une mer d’aimants, de stylos, de porte-clés et d’autres patantes du genre. Pas de prix dessus. Il y en avait 7 exemplaires, j’en ai pris 5. Je suis allée à la caisse et j’ai fait de mon mieux pour ne pas regarder le vendeur l’air de dire « Tu te fous de moi? » quand il m’a dit que ça faisait un total de $10.51. Elles étaient « effet 3D », mais quand même…

Un peu plus loin, j’ai trouvé une boutique où ils vendaient 5-6 modèles différents (un record, wouhou!), dont celui (moche) que j’avais vu à Downtown Disney et des trucs pas originaux (Mickey Mouse, Minnie Mouse, etc.). J’ai fini par en choisir une pas-originale-mais-quand-même-cool : une carte en forme de tête de Mickey avec pratiquement tous les personnages de Disney devant le château. J’en ai pris 5, j’ai préféré ne pas courir le risque de ne pas en trouver d’autres. (Évidemment, pendant les jours qui ont suivis j’ai vu des cartes postales à tous les coins de rue.)

C’est bien beau tout ça, mais encore fallait-il les poster. J’avais vu une certaine quantité de boîtes postales à Disneyland, ce qui est complètement stupide compte-tenu qu’ils ne vendent pas le moindre timbre. Je me suis donc contentée de remplir mes cartes postales mardi soir, me disant qu’il y aurait bien un post office sur le chemin de Palm Springs le lendemain. Eeeet… non. Je suis allée me renseigner au comptoir d’accueil de l’hôtel, où une madame (après m’avoir fait répéter que je voulais « buy some stamps ») m’a indiqué que des timbres sont à vendre au petit magasin de l’hôtel. J’ai donc fait une quinzaine de pas et me suis retrouvée devant un Américain d’origine amérique-du-sudienne, à qui j’ai dit « I need stamps », qui m’a répondu « How many do you need? », à qui j’ai répondu « I don’t know, what do you have? » et qui a sorti des timbres avec même pas de prix dessus, que wtf comment je fais pour savoir ce que ça vaut et combien j’en ai besoin, et qui m’a avoué être aussi peu au courant que moi. Finalement, j’en suis venue à la conclusion qu’anyway j’avais besoin de plus de timbres que ce qu’il avait (il avait genre 8 timbres), je lui ai dit « Thanks anyway » (mais je reste convaincue que « Merci quand même » aurait mieux traduit ma pensée) et je suis partie.

J’ai fini par aller squatter la salle internet de l’hôtel (c’est complètement ridicule qu’en 2012 un hôtel à $169 et plus/la nuit ne donne pas à ses clients un accès wifi gratuit dans les chambres) pour aller consulter mon ami Google Maps, qui m’a gentiment indiqué qu’il y a un Postal Planet (Fedex + USPS) à 20 minutes de marche de l’hôtel. Google Maps aurait dû préciser « calculez 10 minutes supplémentaires, le temps de trouver le fucking magasin pas visible à côté de plein d’autres magasins aux enseignes à moitié lisibles ».

Je suis entrée dans la boutique, y avait un Américain d’origine moyen-orientale qui parlait avec l’Américaine d’origine chinoise postée derrière le comptoir. Quand il a eu fini de payer sa barre de chocolat, j’ai dit à la madame « I have postcards to send and I have no idea which stamps I need. Help meeee. » Elle m’a répondu avec un accent chinois. Un horrible accent chinois. Je comprenais à peu près le tiers de ce qu’elle me disait. Non, je devinais le tiers. Je comprenais à peine un sixième. Ça devait être assez drôle de nous voir aller, les deux pas à l’aise dans une langue pas maternelle, à essayer de calculer les prix ($0.32 pour les États, $0.90 pour le Canada et $1.10 pour les other countries) et de déterminer combien de timbres ça faisait (parce que la madame avait juste des timbres « ordinaires » (pour les enveloppes normales, tsé), à $0.45).

Entre temps, y a une Américaine d’origine mexicaine qui parlait juste espagnol qui est entrée et qui voulait savoir combien ça coûtait pour faire des « cuatro fax para Mexico », pis c’était encore plus drôle parce qu’elle comprenait que dale à ce que l’Américaine d’origine chinoise répondait. Finalement, j’ai paragouiné un semblant de traduction en espagnol (mes cours sont loin en mautadine) qui ressemblait à « nueve dollares » et l’Américaine d’origine mexicaine est partie.

La caissière a été gentille avec moi, elle m’a juste chargée $11 pour les 23 timbres alors qu’elle vend le paquet de 20 timbres $11 (ce qui est complètement débile compte-tenu que 20 timbres à $0.45 ça fait $9). Elle m’a fait payer, pis elle m’a dit qu’elle s’occuperait elle-même de mettre les timbres, pis que ça allait partir demain « because it’s too late, today ». J’espère qu’elle va les poster pour vrai, ça serait chien sinon.

En sortant de là, j’ai décidé qu’à $3.50 de la carte postale ($2/carte postale et $1.50/timbre pour l’étranger), ça valait p’t-être pas la peine, tout ça pour recevoir une carte postale d’un inconnu à l’autre bout du monde.

on-fait-tous-des-erreurs.com

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68.

12 Août

Y a rien de facile dans la vie. Rien d’évident, rien de figé dans le béton. Y a deux jours de ça, j’étais encore persuadée que je savais ce que je voulais faire cette année, l’été prochain pis encore pendant un ou deux ans après. J’avais décidé que peu importe ce qui m’arriverait, mon existence – du moins, pendant un certain temps – se résumerait à travailler fort-fort pis à me payer des voyages. Parcourir le monde pour pouvoir m’émerveiller de ce qui est différent, chialer sur ce qui est moins bien et me réjouir de tout ce que je découvre, de tout ce que j’ai la chance de voir.

Au début de l’été, je m’étais dit que mon voyage en France serait mon test, la confirmation – ou l’infirmation – que c’est vraiment ça que je veux, vraiment ça que j’aime. Parce que ça faisait déjà un bout que, dans la case « loisirs », j’inscrivais « voyages » avant tout le reste, mais je n’avais jamais voyagé seule, donc il y avait encore le risque que je déteste ça. Faut comprendre que je vis très bien avec la solitude et que j’en ai même fréquemment besoin, mais que je tiens beaucoup beaucoup au fait d’avoir quelqu’un pas trop loin, en cas de besoin.

Bref, j’ai pris l’avion toute-seule-comme-une-grande, j’ai passé un très beau séjour, pis je suis revenue en me disant « Ok, let’s go : Australie l’été prochain ». Sauf que là je pense à ça et je me dis que c’était pas un vrai de vrai test, vu que je n’étais pas VRAIMENT toute seule.. non?

En fait, c’est toutes ces interrogations c’est à cause d’une petite mésaventure qui m’est arrivée hier. Le chalet où je suis en vacances avec ma famille est en Ontario, à environ trois quarts d’heure de Niagara Falls. Les autres avaient décidé d’aller passer la journée à Marineland, qui est à Niagara, et je leur avais demandé de me laisser en ville parce que le parc d’attractions ne m’attirait pas plus que ça. On avait déterminé qu’on communiquerait par sms en fin de journée pour choisir un point de rencontre.

Je me suis promenée pas mal, j’ai visité une couple de petites boutiques cutes – certaines moins, la plupart répétitives – et finalement je me suis installée dans un petit café pour lire un livre. Jusque là ça allait. J’aurais préféré avoir quelqu’un avec qui passer la journée parce que je devais quand même tuer le temps pendant 7-8 heures, mais je profitais du soleil pour marcher et pour magasiner un peu, sans avoir à suivre les envies d’une autre personne.

Vers trois heures de l’après-midi, je niaisais sur mon cell, et je me suis rendue compte que mon solde restant (parce que j’ai un forfait « payez à la carte ») avait diminué drastiquement depuis la dernière fois que je l’avais consulté, 2 ou 3 jours plus tôt. J’ai voulu consulter mon compte pour voir s’il y avait eu une modification ou quoi que ce soit, j’ai donc appelé le système automatique de mon fournisseur. Sauf que pour ça, il fallait que je tape mon fucking code d’accès à QUATRE chiffres. Sauf que je n’ai jamais, mais vraiment jamais de mot de passe à QUATRE chiffres, et pas moyen de me souvenir ce qui m’était passé par la tête le jour où j’avais dû en inventer un. Donc bon, j’en essaie un. Code erroné. Puis un autre. Code erroné. Dernière chance, qu’ils disent. Bon, j’en essaie un dernier, au pire ils ne me laisseront pu essayer. ERREUR MONUMENTALE. Code d’accès bloqué, veuillez entrer votre code PUK. EEEEEUH, QUOI?

En résumé, j’étais toute seule dans une fucking ville en anglais, avec un cellulaire bloqué – cellulaire qui était sensé me permettre de communiquer ma position pour que les autres me ramassent en fin d’après-midi. Laissez-moi vous dire que je n’en menais pas large. Si ça m’était arrivé il y a un an ou deux, j’aurais fondu en larmes, ça c’est sûr.

J’étais dans un espèce de mini centre commercial, faque je fais le tour et j’essaye de trouver un téléphone public. Pas de fucking téléphone public en bas. Pas de fucking téléphone public en haut. Découragée, je suis rentrée dans une boutique, j’ai demandé à une madame avec mon anglais approximatif : « Where can I use a phone? », finalement les téléphones étaient juste bien cachés.

J’ai « lifted the receptor », j’ai mis 50 cennes dans la fente et j’ai pitonné le numéro de son cell. Sauf que c’est un 514. Et que je suis en Ontario. Longue distance. Très longue distance. Et est-ce que vous savez combien ça coûte un longue distance avec un téléphone public? Très cher. Genre 5,20. Et j’avais pas 5,20 sur moi, j’avais à peine deux piastres en screnning, parce que ça faisait longtemps que j’étais pas allée retirer de l’argent à la caisse. Pis mettons qu’il y a pas ben ben de caisses Desjardins en Ontario. Et non, les téléphones publics n’acceptent pas les cartes de débit. En désespoir de cause, j’ai essayé de faire un appel à frais virés, mais ç’a pas répondu, sûrement qu’ils étaient dans un manège. J’étais proche de péter une coche solide.

Je me suis mis en tête de faire refonctionner mon cell, je l’ai éteint, je l’ai rallumé, j’ai tapé des codes au hasard, mais rien à faire, il me demandait toujours un fameux code PUK – tu parles d’un nom, pour un code. J’ai même carrément ouvert mon cell, pis c’est là que j’ai trouvé une p’tite carte avec le numéro de mon fournisseur. C’était un 1-888, j’ai guessé que ça serait gratuit, même sur un téléphone public, et j’ai appelé. Et devinez qui m’a répondu? La même fucking voix automatisée qui m’avait demandé mon code d’accès un peu plus tôt. Après un bon 5-10 minutes de « Si vous voulez… faites le… », j’ai fini par aboutir à « Si vous voulez communiquer avec Fido pour une urgence, faites le 1 ».

Quand j’ai commencé à attendre, je me suis dit qu’après quinze minutes j’abandonnais la ligne pis que j’essayais de rappeler mon père à frais virés. Après quinze minutes, je me suis ravisée pour trente. Après exactement vingt-sept minutes – une chance que c’était pas une urgence urgente – de musique de marde entrecoupée de « Vous savez que si vous voulez modifier votre forfait, vous pouvez le faire en ligne en allant au fido.ca en cliquant sur « Accéder à mon compte ». » une voix humaine – que je n’espérais plus – a fini par me répondre pis me demander ce qu’elle pouvait faire pour m’aider.

– Ouin, ben c’est parce que là mon cell y est bloqué pis il me demande mon code « poque », sauf que j’ai aucune idée de c’que c’est, un code « poque ».
– Oui, alors le code de déverouillage manuel, le code « P-U-K », ou comme vous l’appelez le code « poque », je peux vous le donner, pouvez-vous me donner votre code d’accès?
– Ouin, sauf que là vous comprennez pas, c’est justement parce que je savais pas mon code d’accès que mon cell me demande le code PUK.
– Si vous ne connaissez pas votre code d’accès, alors là je ne peux pas vous aider, je suis désolée. *s’apprête à raccrocher*
– EUH, QUOI?! C’parce que je fais quoi, moi là?!
– Je ne peux pas vous donner le code PUK si vous ne connaissez pas votre code d’accès.
– Ok, ben je fais quoi si je connais pas mon code d’accès, moi?
– Pouvez-vous me donner votre code post-
– J3N ***!
– Parfait, alors je peux vous donner votre code PUK, puisque vous savez votre code postal. Attendez un instant, je vous pris.
– (Fuck you, p’tite madame =). Je m’en fous de tes explications, j’veux juste débloquer mon cell!)

Elle a fini par me donner mon code PUK et j’ai pu débloquer mon cell. Même que mon père n’a rien su de toute cette histoire, pis que je n’ai pas eu à lui rembourser le 5,20 que lui aurait coûté l’appel à frais virés. Mais quand je me suis assise de nouveau à une table du petit café et que j’attendais que les sms que j’avais manqués se mettent à rentrer, j’ai pensé à ça et je me suis dit : est-ce que je serais capable de me débrouiller à l’autre bout du monde, complètement seule, et avec absolument personne qui ne comprenne le français? Est-ce que je veux vraiment prendre le risque?

Je sais que je veux voyager, mais je sais pu si je veux partir au pair en Australie. P’t-être qu’il vaudrait mieux que j’attende de trouver quelqu’un qui ait lui/elle aussi la piqûre des voyage pour ne pas partir seule vers l’inconnu. Peut-être. Je sais pas.

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